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Dans la pénombre d’un tel désastre, Hyppo se sentait cloué au sol, entre la peur et la fureur de ce qu’il avait devant lui, ce piège et cette nana là, au sol… pourquoi 5 mecs à sa rencontre ? Pourquoi tous ces magasins et restaurants fermés ? Que se passait-il ? Cette livraison serait-elle la dernière pour notre héros ?

Elle gémissait dans son casque encore fermé dans une position un peu gauche de chien battu en tapant du pied sur sa selle pour mieux se dégager du poids de la brelle tout en enlevant ses gants, furieuse de ces chaussées glissantes en ces milieux urbains. Vue son excitation malgré sa lourde chute sur le côté, elle semblait intacte. Quelques éraflures sur son cuir encore fumant en disant long sur la longueur de sa glissade. Elle ne roulait pourtant pas bien vite. La roue arrière tournait au ralenti, avant même que sa moto s’étouffe petit à petit d’engorgement d’essence dans les carbus… Du bout de bras, Il lui tend la main… hésitant… hésitant car il ne voulait pas l’impliquer dans son histoire, dans sa vie… lui tendre la main c’était la condamner à devenir complice… trop tard !

Il ne faisait pas chaud ce soir là et la pluie ruisselait dans le caniveau depuis un bon moment. Ça n’a surement pas aidé la jeune pilote à éviter l’inévitable… Les essences et huiles s’écoulaient au gréés des flots aux détours de ces papiers et autres déchets sur la bouche d’égout. Les gars au loin s’étaient empressés de partir avant que la Police n’intervienne. Un voisin, à sa fenêtre, au 5ème, apeuré de tous ces loubards, avait glissé en douce un appel aux flics qui avaient tout compris en arrivant sirène plein pot… les cinq inconnus avaient bien eu le temps de foutre le camp…

Sous une grande expiration retenue depuis un moment, Hyppo aida la demoiselle à s’allonger sur son lit avant de l’aider à retirer ses bottes étroitement serrées. Elle souffrait un peu à l’épaule et n’arrivait pas à s’en sortir seule. Il fallait vite se cacher avant que la Police n’arrive. Le premier hôtel venu faisait l’affaire. Il n’était pas le plus crade qu’il ait vue dans sa vie, Hyppo n’était pas si clean que ça… même si livraison n’avait pas eu lieu, il savait que Georgio le retrouverait bien vite seul ou par le biais de ses petits camarades barbus…

Il était tard. La pendule dans la chambre indiquait presque une heure du matin. La télé ne fonctionnait pas très bien et affichait une mire bien grise entre deux chaînes étrangères au son brouillé… Toute repliée sur elle-même, elle s’était endormie comme un chat au coin du feu n’ayant même pas eu le temps de se dévêtir d’avantage.

Hyppo était sous le charme, pourtant sans certitude de sa sexualité et de ses attirances. Entre ses plans cul dans les centres routiers plus ou moins mesurés et toutes ces filles camées sans lendemain à 50 balles la nuit, son attirance démesurée et son respect le plus profond pour cette belle demoiselle lui firent comprendre qu’il était temps d’arrêter les conneries. Qu’il fallait se poser et essayer de construire quelque chose. De poser l’arme comme on dit dans le jargon. Evidemment que rien n’était gagné, mais il sentait que tout était jouable entre eux… il avait envie de tout lui donner… elle ne se méfiait pas de sa personne et faisait comme s’ils ne s’étaient jamais quittés… Inutile de parler, leurs regards complices voulaient en dire long…

Cette livraison était pour lui la dernière, il l’avait très bien compris. Il n’avait pas d’autre choix que de reprendre contact avec Georgio, son contact, pour que la livraison se fasse. Il ne voulait pas l’impliquer dans ses galères et autres trafics. Sa seule solution était d’en finir pour de bon durant la nuit… il fallait qu’il soit revenu au petit matin, au risque qu’elle soit parti sans lui…

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