Ce qui m’a réellement évité des accidents à moto

Bien souvent, sur les réseaux sociaux (pour le peu de temps où j’y passe), autour de moi, au café du coin… j’entends des échanges entre motards qui se prennent pour les justiciers de la route et qui, deux secondes plus tard, se mettent en danger inutilement. Ils ne s’en rendent même pas compte eux-mêmes. Pourtant quand on parle de sécurité à moto, on évoque généralement l’équipement, les freins ABS, l’état des pneus ou la météo. Tout cela est vrai, essentiel même. Mais, en regardant en arrière, ce ne sont pas ces éléments qui, dans les moments critiques, m’ont réellement sauvé. Ce qui m’a évité des accidents, ce sont des habitudes, des réflexes et une façon de rouler que j’ai appris parfois dans la douleur, parfois grâce aux conseils d’autres motards, parfois simplement par l’expérience. L’essentiel est de rester humble et de comprendre l’environnement…
Ce qui m’a évité des accidents à moto ?
Plus qu’un équipement, c’est une façon de rouler où chaque détail compte : garder des marges de sécurité, anticiper ce que les autres ne voient pas, rester humble même quand on se sent en confiance. C’est accepter que la route ne te doit rien, que le danger peut venir d’une seconde d’inattention, d’un virage trop optimiste ou d’un automobiliste qui ne t’a pas vu.
L’objectif ici n’est pas d’être moralisateur, et si tu prends cet article de la sorte c’est que je n’ai pas réussi à m’exprimer comme il faut. L’objectif ici c’est de te faire prendre conscience qu’à moto, l’équipement c’est une chose mais le plus important c’est ta manière de voir et d’anticiper l’instant.
Je dois accepter à moto
accepter que je ne contrôle pas tout
choisir la lucidité plutôt que la fierté
privilégier la marge plutôt que la performance
transformer chaque situation en décision, pas en réaction
La pratique de la moto n’est pas dangereuse en soi. C’est l’addition de mauvaises décisions, prises au piètre moment, qui finit par le devenir. Ce qui m’a sauvé, ce n’est pas la chance, mais le fait de ne plus miser dessus pour compenser mes erreurs. J’ai compris que compter sur la chance, c’est déjà se mettre en position de faiblesse. Compter sur sa lucidité, son anticipation et son discernement, c’est commencer à rouler pour durer.
Attention aux faux amis qui vous veulent du bien
Lorsque j’ai débuté à moto, j’ai eu la mauvaise idée de contacter des amis de FAC qui étaient déjà motards depuis quelques mois. Je pensais qu’en me rapprochant d’eux j’allais être encadré et conseillé. Il n’en a rien été. Le jeu favori : me semer sur la route le plus vite possible. Ils voulaient m’impressionner avec leurs grosses cylindrées (GSXR 1000 et SV 1000S, RSV 4 et autres grosses motos) et m’épater sur leur conduite plus que limite. À cette époque, on n’avait pas peur de rouler la majeure partie du temps au-dessus de 200km/h. Mais, pour un jeune permis, comme j’étais, cette rencontre n’a pas été l’idée la plus intelligente qui soit. D’ailleurs ça m’a valu très vite un accident de moto qui me pénalise encore aujourd’hui pendant que je rédige cet article. Si mon article peut permettre à une seule personne de comprendre l’état d’esprit qui me permet depuis à ne plus reproduire ces erreurs de jugement, j’aurai gagné l’idée de départ de vouloir partager mon expérience.
Depuis cette période, j’ai décidé de proposer des balades moto pour les motard(e)s peu expérimenté(e)s pour leur éviter de vivre ces situations dangereuses !
J’en profite pour rappeler à celles et ceux qui le souhaitent que j’organise régulièrement des balades moto au départ d’Antibes, Cannes et Nice le dimanche. Depuis plus de 20 ans, j’organise ce genre de sortie pour permettre à toutes celles et ceux qui le désirent de venir rouler en petit comité dans un maximum de sécurité, sans chercher à se mettre en danger. La moto, la pratique de la moto, ce n’est pas une recherche de pousser ses limites, au contraire. Une balade moto est un moment convivial où l’on cherche à passer un bon moment, tous ensemble ! Venez à une balade moto Jazt.com, c’est gratuit et appréciez vous-même l’ambiance, la convivialité et l’envie de passer un bon moment tous ensemble un dimanche après midi.
Anticiper les autres usagers plutôt que leur faire confiance
Anticiper les autres usagers plutôt que leur faire confiance, c’est ce qui change tout. En circulation, je pars du principe que l’automobiliste en face de moi ne m’a pas vu, même s’il semble me regarder droit dans les yeux. Sur voie rapide, je m’attends toujours à un changement de file brutal, sans clignotant, juste parce que quelqu’un a raté sa sortie. Dans un rond-point ou à une intersection, je garde une marge, je ralentis, je me prépare à freiner, car l’hésitation d’un conducteur peut suffire à créer l’accident. Gardez à l’esprit que même en étant prioritaire, vous ne l’êtes pas ! Mieux vaut se faire klaxonner que se faire renverser. Et, c’est sur ce point précis que je vois un bon nombre de motards râler sur les réseaux en fulminant, quitte à casser un rétroviseur, faire le justicier, etc. Ça ne sert à rien, l’automobiliste n’est pas aussi assidu sur la route. L’automobiliste est protégé de sa carrosserie. En cas d’erreur, il se justifiera en disant qu’il ne vous a pas vu, que vous rouliez trop vite, etc. Ne perdez pas votre énergie, restez sur le principe que vous n’êtes pas prioritaire. Sur route, la moto est vulnérable, même si vous êtes dans votre droit, laissez couler… L’automobiliste est au téléphone, discute avec ses passagers, cherche sa route, ne connaît pas le clignotant, etc.
Les usagers de la route sont égoïstes, c’est ainsi !
Le facteur numéro un d’accident à moto, ce n’est pas le manque de pilotage ; c’est l’interaction imprévisible avec les autres usagers. Ce réflexe d’anticipation m’a évité plusieurs collisions : ne jamais tenir pour acquis qu’on m’a vu, lever le pied dès qu’un doute apparaît, m’offrir une porte de sortie plutôt que forcer le passage. Quand on a un doute, y’a pas de doute.
Règle à retenir : je sais ce que je fais. Je ne saurai jamais ce qu’ils feront.
Vous n’êtes pas sur un circuit de course
Là, cette fois, c’est le motard qui se sent invulnérable et pense que tout le monde a compris que son but était de gagner cette « arsouille » avec ses potes. Doubler pour la sécurité, pas pour « passer ». Un dépassement, à moto, n’est pas un défi à relever ni une preuve de confiance en soi. C’est une manœuvre destinée à sortir d’une situation inconfortable, à créer de l’espace, à se protéger d’un véhicule qui freine trop brusquement ou qui zigzague, pas à « gagner » quelques mètres. Avant de déboîter, je vérifie qu’une zone de repli est réellement identifiée, je renonce au moindre doute, même si « ça pourrait passer », et je garde une réserve de vitesse pour sortir du flux proprement plutôt que pour attaquer. Combien de motards je vois doubler avant d’arriver en haut d’une côte, dans un virage, avant une intersection… C’est quoi l’intérêt ?
Ne jamais doubler pour se mettre en danger
Ce qui m’a concrètement protégé, ce sont ces principes simples : ne jamais doubler sans échappatoire possible. Il est primordial d’accepter qu’abandonner une manœuvre est une décision intelligente, et de privilégier une progression propre à une prise de risque inutile. Un bon dépassement, ce n’est pas celui qui impressionne. C’est celui qui laisse des marges, et qui me ramène à la maison. Car le plus important à moto ce n’est ni la performance, ni épater la galerie, mais bel et bien de rentrer à la maison.









