Essai moto sportive Ducati 1098 : rouge, love…

Cela fait un moment que le kéké qui dort en moi cherche une suite à mon Gex 750. J’en voudrais une qui envoie du feu sans forcément chercher les derniers tours du compte tour, qui soit belle (rouge de préférence) et pas trop chère. Alors forcément dans ces 3 souhaits, cherchez l’erreur…

Cela fait un moment que le kéké qui dort en moi cherche une suite à mon Gex 750. J’en voudrais une qui envoie du feu sans forcément chercher les derniers tours du compte tour, qui soit belle (rouge de préférence) et pas trop chère. Alors forcément dans ces 3 souhaits, cherchez l’erreur… mais on verra ça plus tard ! cela fait plusieurs reprises que je me rends chez mon concessionnaire sans oser franchir le pas pour essayer une petite rouge qui me plait bien, une petite rouge sur laquelle on peut lire pas mal de chose, une petite rouge qui apriori n’a rien à envier des 1000 toutes classes confondues… va falloir que je pose mes fesses dessus pour en avoir le cœur net… allons l’essayer cette 1098 de chez Ducati !

Le temps était de la partie même si ici le ciel semble voilé. J’avoue qu’il faisait plutôt bon même. Etait-ce l’envie qu’il fasse beau ou tout simplement que ma mob italienne me donnait l’impression de rougir rien qu’en la regardant ?

En tout cas une chose est sur, elle est superbe. J’avoue même ne pas comprendre comment on ne peut pas la trouver belle. Ce mono-bras est fantastique, cette jante magnifique, ce réservoir plutôt anguleux, cette double sortie… envoutante !

La clé de contact se situe sur le devant du réservoir, un 8ème de tour suffit pour enclencher la mise sous tension. Le bouton START est tout simplement jouissif alors même que l’on n’a pas les fesses encore posée dessus. Une simple pression – poussoir – suffit pour faire ronronner la belle après un laps de temps d’hésitation. En relâchant le bouton, rien ne se passe dans l’immédiat, c’est seulement une demi seconde plus tard qu’elle se met à glousser… clop clop clop clop… le bicylindre est en train de chauffer pendant qu’on finit de se préparer. Le son est tout simplement terrifiant pour de l’homologué. Le son est fort, présent, bien rond, on sent que la mécanique est de haute qualité là-dessous.

Ça donne une impression de produit fini. Une sensation de bijoux rare, un moment exquis qui s’annonce en tout cas. Je monte à bord : première impression c’est rudement haut et le guidon se trouve bien bas, ça sent le mal aux poignets en ville… m’enfin un 1098 pour faire de la ville… mouarff 🙂 le tableau de bord est vraiment particulier. Entièrement digital, j’avoue ne pas spécialement accrocher, sans doute une question d’habitude, mais je trouve qu’un compte tour analogique est tellement plus beau, comme sur la 999… un détail ! J’embraye et passe la première qui s’enclenche facilement, Glonk !

Et c’est parti sous une symphonie endiablée… tout un orchestre me suit, c’est flatteur… l’embrayage est progressif doux et rudement agréable. Le temps de sortir de cette zone artisanale, je roule sur le coulé en prenant mes marques. Je me sens à l’étroit et rudement haut perché. Une impression d’être comme un con là-dessus revient à grand pas comme à l’époque où je commençais sur le Gex. Ça broute un peu sous 2000 tours en seconde malgré une dent en moins sur le PSB (pour gagner en souplesse d’après le vendeur – je n’ose imaginer full stock du coup), de grosses vibrations se font alors ressentir sur l’ensemble à ce moment là. Etonnant ! C’est bien la première fois que des vibrations ne sont pas des parasites, au contraire… j’arrive à un rond point… une impression de caler est étrange et oblige à redonner un coup de gaz. Du coup, tous les passants se retournent pour regarder la belle… yeahhh je roule sur une… Ducati !

Imaginez chevaucher une barrière en bois, celle qui permette de freiner les vélos sur les chemins piétonniers. Ben voilà, vous êtes à ma place sur une 1098, mon dieu que c’est dur. C’est vraiment très très dur, limite désagréable aussi bien à basse vitesse que lorsque la route devient moins plane… peut être une question de réglage, en attendant, je ne savoure pas vraiment cette partie de route où je compense ces suspensions sèches avec mes bras, c’est fatigant, je n’ose imaginer ce calvaire pendant 30 bornes… inversement une fois que la route est particulièrement lisse, j’avoue prendre un plaisir sans fin à bord. C’est délicieux, rond, brutal, bestial… ça freine aussi fort que ça accélère !

J’en reviens à l’un des points principaux de cette moto : son moteur. Ce moteur est vraiment agréable sur une utilisation routière en tout cas. A défaut des nombreux bicylindres que j’ai pu essayer jusqu’alors, celui-ci est le premier qui m’a vraiment plus et qui pourrait bien me convertir, un comble… souvent on se trouve en zone rouge quand ça commence à être bon – comme sur un speed triple, ok c’est un tri cylindre mais c’est grosso modo pareil, prenons un SVS 1000 alors 🙂 – autant ici sur le 1098 c’est bon tout le temps, ça pousse très fort en bas (sur les 3 premiers rapports surtout, ici en 100cv sans doute) et y’a même de l’allonge… on roule à 6000 tours qu’il reste encore la moitié… c’est vraiment plaisant… en 4 on peut descendre puis relancer d’une simple rotation et hop ça repart aussi tôt ou presque. Le tirage rapide est particulièrement agréable même si l’on aimerait bien un coup de pied au cul plus violent… je chipote car franchement ça pousse vraiment fort… une chose qui « dérange » c’est cette sensation que ça chauffe dur sous la selle… du coup, je n’ose imaginer le résultat en plein été… avec le cuir… pfiouuuu !!!

Bon il faut bien chercher les points faibles de cet objet d’amour, ce n’est pas forcément lui rendre service que de lui laisser la tapis rouge… tout d’abord les rétroviseurs… une horreur… ils ne servent à rien et sont là uniquement pour la déco car à part le logo de mon blouson, je n’ai rien vu dedans. Ensuite les pneumatiques d’origine. Je ne me suis pas du tout senti en sécurité. Aucune sensation d’accroche, plus une impression de tomber à chaque fois que ça tourne. Ils sont neuf, d’accord, mais mon dieu qu’ils ne mettent pas en confiance… ensuite et le point le plus dur à écrire c’est la position radicale de conduite… je dis qu’il est difficile d’écrire ça car la passion pourrait prendre le dessus tellement que cette moto est plaisante à tout point de vue, mais d’un point de vue routier au quotidien, ça doit être une horreur… un peu d’extra urbain et un peu de ville… quelle horreur ! Ensuite il faut bien avouer qu’on n’utilise pas une 1098 comme un peu utiliser un GSX-R… aussi bien je ne me vois pas lui mettre 15 000km / an aussi bien j’ai bien peur de la facture de chaque révision pour un tel usage…

Mon essai se termine et je rentre au bercail. Cette 1098 est un véritable jouet qui se laisse approcher, mais de loin. Personnellement, je ne me sens vraiment pas mur pour pouvoir piloter une telle machine en remplacement de mon GSX-R 750. Certes j’y ai pris beaucoup de plaisir à bord, surtout avec sa sonorité et son agilité et ce malgré une suspension sèche, des pneumatiques franchement désagréables et des rétroviseurs faisant office de déco… ce jouet approchant les 17 000€ reste de toute manière ciblé pour l’élite dont je ne fais malheureusement pas encore parti… peut être qu’une 848 pourrait faire toute la différence ? qui sait…

vidéo associée

6 Replies to “Essai moto sportive Ducati 1098 : rouge, love…”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *