[ESSAI] – Harley Davidson : FXDF Dyna Fat Bob

J’ouvre quasiment en grand, sur une grosse rotation de poignée bien virile, sur le premier rapport et je sens une retenue vers l’arrière très vite, au bout de 3 secondes à peine. Opla, pardon, je suis au rupteur, il faut monter un rapport. L’absence de compte tour est vraiment désagréable surtout lorsqu’on prend pour la première fois la bête en main. Comme les rapports sont nettement plus courts, on a moins une impression de poussée comme sur le Night mais la vie à bord semble plus agréable et cette sonorité… quelle chanson ! Moi j’adhère.

Suite de mes essais chez Harley Davidson sur les modèles NightRod et le Fat Bob. Les grandes différences d’un point de vu moteur se situe au niveau de la cylindrée et du système de refroidissement. Le Night est un refroidissement à eau et le Fat un refroidissement à air… deux Harley donc totalement différente mais s’approchant de l’esprit nouvelle ou ancienne génération… rien ne vaut un essai…

Le Fat Bob demande 4 mois et demi de livraison. Le modèle de démo étant déjà réservé. Le Fat est un modèle phare de la marque. Autant le NightRod est le modèle de Johnny, autant le Fat est celui utilisé dans le film Terminator…

Comme je l’indiquais dans mon essai précédent, ma démarche reste inchangée. Etant en couple et madame étant mal installée à l’arrière du Gex, il me faut trouver une moto offrant un compromis idéal entre la balade duo plaisir et les on / off en solo qui représente tout de même près de 90% du temps. Néanmoins, j’aimerais rester dans l’exclusivité comme je pouvais l’avoir chez Suzuki avec le GSX-R. Je ne me sens pas encore près à entrer dans le monde merveilleux de BMW malgré de superbes produits mais qui, à mes yeux s’adressent à une clientèle plus âgée que moi et je n’ai pas envie d’avoir l’impression de prendre la moto à papa… dirigeons nous alors vers une marque mythique, sans préjugé et avec un œil objectif vers Buell & Harley Davidson… qui sait !

Les photos ont été prises en intérieur malheureusement n’étant pas libre de mes mouvements pour l’essai. De peur qu’il se mette à pleuvoir (étonnant pour un 1er juillet !), ils ont rentré les motos dans la concession avant que je puisse prendre quelques photo en extérieur. Oui car ici l’essai s’est passé avec le vendeur qui m’a proposé un circuit pré établi permettant de se faire une idée globale de la machine. Petites routes sinueuses, bosses, courbes lentes, rapides… grandes lignes droites pour pousser la bête… non je dois dire, que cet essai était parfait… débuté sur le dos du NightRod, nous avons échangé nos montures à mi chemin et j’ai ainsi terminé sur le dos du Fat Bob (moto de Terminator)… j’ai pu ainsi comparé un moteur à air avec un moteur à huile, pensé par Porsche… ça laisse rêveur !

Avant de me lancer dans quelques lignes essayant de vous raconter mon ressenti à bord quelques précisions tout de même. Tout d’abord le Fat Bob est un gros 1600cc refroidi par air. Ça vibre dans tous les sens, le moteur bouge sous mon regard d’enfant… on sent que ça vit là-dessous. Son gabarit fait plus grosse moto que le NightRod. La position semble plus haute et contrairement au NightRod l’essence est bien sous le réservoir et non sous la selle comme sur le NightRod. Le Fat est vraiment plus en accord avec l’esprit Harley authentique que le NightRod. Le Fat est resté d’ancienne génération et donc forcément offre une approche quelque peu différente…

Mise en bouche : A la mise du contact du Fat, nous avons à faire à un son vraiment rond, fort et plutôt virile. C’est bien plus plaisant à l’oreille que celui du NightRod. On retrouve quelque peu les sensations d’une vraie Harley, même si ici sur les modèles de démo, on se doute bien qu’ils n’ont pas du laisser aussi libre qu’il soit possible.

Les 5 premières minutes : Je venais de faire un essai du NightRod sur quelques kilomètres. En montant à bord du Fat, on peut faire les comparaisons directes. Déjà on se sent plus à l’aise, moins sur l’avant. Les pieds du coup trouvent position plus facilement et le guidon offre une meilleure prise en main. En revanche c’est minimaliste à bord, un compteur de vitesse, quelques diodes d’indication de clignotant, et basta. Devant sois, reste alors un large guidon chromé offrant alors un panoramique sur l’environnement… magnifique…

J’ouvre quasiment en grand, sur une grosse rotation de poignée bien virile, sur le premier rapport et je sens une retenue vers l’arrière très vite, au bout de 3 secondes à peine. Opla, pardon, je suis au rupteur, il faut monter un rapport. L’absence de compte tour est vraiment désagréable surtout lorsqu’on prend pour la première fois la bête en main. Comme les rapports sont nettement plus courts, on a moins une impression de poussée comme sur le NightRod mais la vie à bord semble plus agréable et cette sonorité… quelle chanson ! Moi j’adhère.

Ensuite : une grande ligne droite en vue, j’ai du mal à suivre le NightRod devant moi qui allonge bien plus que moi et qui joue moins de la boîte que moi aussi. On sent qu’il part loin et vite alors que je cravache un peu derrière malgré les 400cc de plus. Gros freinage. Oula ! ça freine que dal de l’avant, ça ralenti tout juste, obligé d’utiliser l’arrière et voilà que je me retrouve sur un gros freinage en courbe. C’est plus que moyen, me voici rendu de l’autre côté de la route, heureusement il n’y avait personne. Petite suée dans le dos. Il y a intérêt à bien anticiper chaque virage au risque de se faire surprendre et encore, je suis seul à bord. L’empattement semble plus court sur le Fat, ça aide néanmoins à avoir une meilleure approche en terme de maniabilité, un gros plus par rapport au NightRod

Partie cycle : la maniabilité globale est plus facile que sur le NightRod, mais est-ce un manque d’habitude ? Surement. On arrive même à prendre du plaisir en courbe pour peu que l’on arrive vraiment mollo dedans et que le revêtement ne soit pas trop défoncé, car le Fat pompe sur les suspensions et ça n’arrange rien pour la mise en confiance… Son plus gros point faible restera son freinage. On s’y habitue mais en descendant du NightRod, forcément ça change. Très gros point noir : la béquille. Elle se glisse en dessous de la moto. Impossible de béquiller au pied. On utilise alors la main pour l’étirer un peu, puis on finit au pied car bien en avant. A changer d’office malgré qu’elle soit chromée et plutôt jolie à mon sens.

Partie moteur : le moteur est coupleu, dire l’inverse serait un mensonge, mais l’absence de compte tour manque cruellement, surtout pour moi, le petit jeune habitué aux japonaises… ce n’était pourtant pas bien compliqué d’en ajouter un au dessus ou en dessous du compteur de vitesse qui lui, en revanche, est superbe… le moteur chante bien, envoi du gros mais les rapports sont un poil trop courts… il rupte à 5500tr/mn… quand on pense qu’à bord du Gex c’est 15000tr/mn, ça laisse rêveur ! bon ça n’a rien de comparable, c’est complètement débile d’écrire ça, je vous l’accorde… La sonorité et les pétarades à la décélération sont grisantes. Chaque fois qu’on lâche l’accélérateur ça claque dans tous les sens… génial !

Conclusion : le Fat est une moto atypique avec laquelle il faudra s’habituer durant un bon moment avant d’en apprécier toutes les qualités j’ai l’impression. Bien moins accessible que le NightRod, le Fat offre une virilité bien plus appuyée que sur le NightRod où tout semble bien plus « facile » ! Le Fat ronronne, pousse fort mais freine mal si l’on n’anticipe pas un peu, ça pourrait être un peu limite. Heureusement le gros frein moteur aide à maîtriser l’ensemble de manière plutôt homogène… le duo me semble moins accessible que sur le V-Rod ou le NightRod, essentiellement pour ce soucis de freinage. Peut être que les gros, très grosses vibrations peuvent fatiguer à l’usage ou s’avérer désagréable suivant le régime moteur sur lequel on se trouve !

Etant proche de 15300€, le Fat Bob se rapproche des motos plus accessibles chez Harley, encore faut il accepter ses quelques défauts qui font de toute manière partie entière de l’image et de l’ensemble de cette moto emblématique… au quotidien je pense que le Night sera tout de même plus agréable, et son approche plus agréable puisqu’issu d’une sportive… à savoir entre le V-Rod ou le NightRod… rude choix !

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